Wingil

Une webcomic parmi tant d'autre :)

Chapitre 4 : Début d'un mythe


Le jour se lève doucement, tandis que Nenwen et Aina sont encore en train de dormir.

Dans la chambre de la jeune drow se trouve un lit deux places collé au mur Est de la pièce, dans lequel elle se repose. Tout près de celui-ci, plusieurs étagères remplies de livres sont mises côte à côte. Il n’y a quasiment que des livres de sortilèges et de magie : Sorts de base, Protections divines, Chapitres sacrés, Guide du maître, Arcanes élémentaires, ... Au milieu de la pièce est placé une table sur laquelle sont posés divers dessins et croquis ... A l’opposé des étagères une porte mène à la chambre d’Ailin ... Et oui, quand elle était petite, Nenwen venait voir son frère lorsqu’elle avait peur la nuit ! Mais maintenant elle est constamment fermée par des verrous situés des deux côtés.

 

Hier, comme elle était fatiguée, Nenwen n’a pas pensée à fermer les rideaux ... Plusieurs rayons de soleil viennent éclairer sa chambre et peu à peu elle commence à se réveiller.

 

« Hum … je suis crevée. »

 

Bientôt elle se lève, non sans réticences. Elle fait couler l’eau dans la baignoire de la salle de bain d’à côté, puis se déshabille et y entre.

 

De l’autre côté de la porte, Ailin est déjà levé et s’est assit sur un fauteuil. Il est habillé très simplement, son haut ressemblant à celui d’hier, avec un pantalon large. Il est en train de regarder une carte. La carte du monde.

 

Dans une autre chambre encore, Aina dort toujours. Mardigon est assit à côté et veille sur lui.

Nenwen a finit de prendre son bain et s’est habillée en vitesse avec un pantalon marron, un haut à manche courte et une ceinture qui tient le tout. Elle va dans la chambre de son frère.

 

« - Salut grand frère !

- Bonjour Nenwi ! Alors ? Bien dormi ?

- Moui à peu près ... Ah ! Tu regardes la carte ?

- Oui je pensais aller ici ...

- Pas la peine de me le montrer, tu sais bien que je n’ai aucun sens de l’orientation et que je ne m’y connais pas en géographie ! Bon je vais aller voir comment se porte nos licornes.

- Ne t’engueule pas encore avec la tienne !

- Ah ça je te promet rien. »

 

Puis elle sort de la pièce et court vers les écuries, le seul chemin dont elle arrive à se souvenir. Ailin se lève, plie la carte et la prend avec lui.

 

« Quant à moi je vais voir où en sont nos chers invités. »

 

Après avoir traversé un petit couloir, Ailin frappe à une porte. Il entend un cliquetis, puis elle s’ouvre sur Mardigon.

 

« - Bien le bonjour !

- Bonjour, lui répond le géant. »

 

Aina bouge dans le lit, réveillé par les voix.

 

« - Bien dormi petit lève-tard? Demande Ailin

- Euh ... oui ... on va dire que oui ...

- Tant mieux, tant mieux ! Alors voilà ce que je vous propose : je me suis dit que comme le Roi va finir par trouver le village grâce à la magie noire, il faut s’en aller d’ici. Même si on a encore du temps, autant ne pas en perdre.

- Ce n’est pas faux, rétorque Mardigon

- Je pensais aller dans un endroit où il y a beaucoup d’opposants au régime, ça risque d’aider.

- C’est-à-dire ?

- Ici ! »

 

Ailin déplie la carte, pose des petites pierres à chaque coin et pointe la province d’Ear.

 

« - Dans la forêt, près de la chaîne de montagne, il existe une « armée » qui essaie de rassembler des soldats pour lutter contre le tyran, même si les forces restent très inégales, les habitants les soutiennent. Je pense qu’on peut essayer de les rejoindre ... Non ?

- C’est une bonne idée, dit Mardigon, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas.

- Quoi donc ?

- Pourquoi nous aides-tu ?

- Pardon ?

- D’après ce que j’ai entendu, tu as très bien compris que nous n’avons pas de très « bons rapports » avec le gouvernement en place. Quant une personne apprend que nous sommes recherchés par le Roi, elle nous balance direct. Personne ne voudrait prendre le risque de mettre le roi en colère sous peine de mort ! Ca nous est déjà arrivé, et on s’en est sorti de justesse ! J’apprécie ton aide, mais explique moi un peu plus tes raisons ... »

 

Mardigon s’était rapproché d’Ailin, le visage encore plus sérieux qu’à l’habitude. L’elfe, lui, est resté impassible. Puis il souri.

 

« - Hum, comment dire ... C’est vrai que je vous ai sauvé la vie et personne dans le village n’a protesté lorsque vous y êtes entrés vivants, ni même n’a posé de questions. Pourtant dieu sait que les elfes noirs ne sont pas réputés être d’un accueil très chaleureux. Mais tu sais, quant une personne du village fait entrer quelqu’un de l’extérieur, les autres lui font confiance, au pire il y a une petite armée de magiciens et de soldats qui peuvent éliminer les indésirables.

Je pense que tu es au courant, mais beaucoup d’elfes sont morts par la faute du roi, et ce village n’échappe pas à la règle ... Il a organisé des massacres. Hommes, femmes, enfants ou vieillards ! Il s’en moque complètement ! Du moment que ce sont des elfes, des nains ou d’autres créatures « non humaines » ! Il nous qualifie de démons et d’hérétiques, mais le véritable diable ici, c’est bien lui. J’ai tout simplement envie de le voir mort ! Tu comprends ? Tant qu’il est en vie, les âmes de nos amis ne seront jamais apaisées ! Je veux qu’elles trouvent le repos. Ca fait longtemps que j’attends le moment où je pourrai enfin les venger ! Et franchement, tu crois que je ne me doute pas que vous nous cachez quelque chose d’important ? Je suis sur que vous pourrez être très utiles ! Allez ! Avoue ! L’idée de ce roi mort te ferai tout aussi plaisir qu’à moi, non ? »

 

Ailin regarde le géant dans les yeux, lui renvoyant son regard de défi. Mardigon soulève un de ses sourcils et souri dans le même temps, ce qui, au passage, était la première fois depuis son arrivée.

 

«Tu n’as pas tort sur tout les points... »

 

Soudain la porte s’ouvre avec fracas : c’est Nenwen, empreinte de délicatesse comme à son habitude.

 

« Coucou tout les deux ! » cria-t-elle d’une voix enjouée.

 

Tous les regards se tournent vers elle.

 

« - Eh bien, allons manger ! Et après on partira ! J’ai déjà préparé nos montures.

- Laisse-moi deviner ... dit Ailin en regardant Nenwen qui a de la paille dans ses cheveux, tu t’es encore battue avec ta licorne non ?

- Euh oui j’avoue …

- Irrécupérables, chuchote Ailin

- Grand frère, je t’entends …

- Hem, hem! Bon aller on va manger !! Hem, hem ! »

 

Après avoir déjeuner, des elfes donnèrent à Mardigon et à Aina de nouveaux habits.

 

« Mettez ceci, disent-ils, c’est beaucoup plus léger et agréable que vos anciens vêtements ! »

 

Mardigon et Aina les remercient puis vont s’habiller. Ils sortent quelques instants après. Mardigon a un pantalon assez large, permettant de se mouvoir facilement, et de grands bottes en cuir lui remontent jusqu’aux genoux. Une armure légère mais solide, comme les elfes savent si bien les faire, lui recouvre tout le haut de corps sauf les bras. Un pant de tissu est attaché par-dessus.

Aina lui, possède des vêtements qui ressemblent un peu à ceux qu’il portait en arrivant, quelques broderies en plus !

 

« Parfais ! dit Nenwen. Allons-y maintenant ! »

 

Elle enfourche avec une légèreté incroyable sa licorne mais retombe lourdement.

 

« - Eh ! Fais gaffe! Lui dit sa monture. T’es pas un poids léger tu sais !

- Non mais oh ! Comment tu parles à ta maîtresse !

- Toi ? Ma maîtresse ? N’importe quoi ! »

 

Nenwen frappe sa licorne à l’encolure. Ailin soupire :

 

« Et c’est repartit »

 

Pendant ce temps, les deux humains avaient déjà enfourchés leurs licornes. Ailin accroche au cou de chacune un petit pendentif en forme d’étoile. Après avoir murmuré une formule magique, les colliers se mettent à briller, puis progressivement les licornes se transforment en chevaux tout à fait normaux.

 

« - Ailin, dit Urundil, calme-les s’il te plait.

- Oui ! Sinon c’est partit pour la journée, ajoute Tavari

- Moi je m’en fous ... marmonne Melkor

- Pourquoi c’est toujours moi qui les calme ces deux-là ?

- Parce que tu es la bonne poire du groupe. »

 

Ailin soupire et s’exécute, il essaie de calmer sa sœur et sa licorne mais la seule chose dont il en retire c’est un « Laisse-nous tranquille ! ».

 

« - Bon, partons, elles nous rejoindront ! »

 

Sur ces paroles emplies de sagesse, le petit groupe s’éloigne, laissant les deux « amies » seules. Bientôt elles se rendent compte que les autres ont disparu, et, affolées, elles les rejoignent rapidement.

 

Quelques heures plus tard, la petite troupe continue à avancer sur les chemins. La forêt tout autour devient de plus en plus touffue et sombre. Un petit brouillard s’est installé. Les deux humains commencent à avoir des difficultés à cerner le chemin.

 

« - Je me demande quelle heure il est … chuchote Mardigon

- Il est 10 heures, lui répond Ailin. »

 

Ailin regarde le géant, et hausse les épaules.

 

«  - Désolé, j’ai l’oreille fine.

- Comme tout les elfes …

- C’est vrai … Vous devez vous dire qu’il fait sombre pour un milieu de matinée !

- Un peu. C’est toujours comme ça ici ?

- Oui, la forêt est très dense et ce sur plusieurs centaines de kilomètres, à moins de rencontrer une ville. C’est en parti pour ça que l’on vous a proposé des licornes, elles voient très bien à tout moment de la journée !

- Je comprends mieux pourquoi l’armée n’a pas pu pénétrer dans cette partie de la forêt …

- Tu m’as l’air bien renseigné, lui dit Ailin avec un sourire malicieux.

- C’est assez connu …

- J’ai faim, coupe Nenwen.

- Tu as tout le temps faim, lui rétorque Ailin »

 

Alors qu’elle se lamente, Nenwen aperçoit un panneau à quelques mètres.

 

« - Tiens ? Qu’est-ce que c’est ? »

 

Nenwen descend de sa licorne et marche jusqu’au panneau tandis que le reste de la troupe s’immobilise. Elle lit :

 

Du premier du mois jusqu’au vingt à 12h, les inscriptions pour le 35e tournoi d’Ysha sont ouvertes !

 

« - Un tournoi ? demande Aina.

- Je continue ! dit Nenwen »

 

Le tournoi se déroule comme suit :

Durant les éliminatoires, les participants sont répartis en six groupes. Dans chaque groupe les inscrits s’affrontent en même temps sur le ring, pour en sélectionner, au final douze. Les 12 survivants se répartiront en équipe de deux, par tirage au sort. Ensuite elles combattront l’une contre l’autre pour arriver à désigner trois équipes victorieuses qui recevront des prix.

Les épreuves se déroulent sur 4 jours.

 

Premier prix : 100 pièces d’or

Deuxième prix : 50 pièces d’or

Troisième prix : 20 pièces d’or

 

Pour connaître les règles du tournoi, renseignez-vous au Comptoir des Bullets, avenue Mishh. Que les meilleurs gagnent !

 

Signé : Ulmo, organisateur du tournoi

 

Ailin et Mardigon se regardent. L’elfe lui sourit.

 

« - Et si on y participait ? Nous sommes le vingt aujourd’hui, c’est sur la route, ce n’est pas long et on rafle les prix au passage ! Ca vous sortira de la pénombre de la forêt.

- Mais, on ne risque pas de nous retrouver ? Demande Aina

- La ville d’Ysha est située dans la plus profonde partie de

la Tauremorna

, les soldats risquent surtout de s’y perdre avant de nous rattraper. Et d’après ce que j’en sais, elle possède une protection similaire à celle de notre ville et même si elle est moins puissante elle n’en reste pas moins très efficace.

- Pourquoi pas … Admet Mardigon. »


Début :

Prologue

Précédent :

Chapitre 3 : Melkor

Suite :

Chapitre 5 : Un sale type



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