Ailin,
accompagné de sa sœur, invitent les deux humains à s’installer sur des
fauteuils, bien plus confortables que les chaises précédentes. Les elfes
s’assoient ensuite en face de leurs invités.
« - Bon alors, récapitulons … dit
Ailin en se prenant la tête entre ses mains.
- Vous êtes poursuivis par le Roi … dit Nenwen
- Exact.
- Mais vous ne voulez pas nous dire pourquoi …
- Non.
- C’est votre droit, mais j’ai
l’impression que si je vous laisse sortir d’ici, vous risquez d’être retrouvés
en deux temps, trois mouvements !
- Mais on ne peut pas vous garder non plus parce que sinon le Roi finirait par
retrouver votre trace grâce à la magie …
- C’est bien possible, acquiesce Mardigon.
- Et nous exterminer, nous et le village,
par la même occasion … conclut Ailin
- En clair, on est dans la merde ! Et
profond ! Critique la jeune femme. On
ne peut tout de même pas les envoyer dans les bras de la mort … Mais on ne peut
pas risquer la survie du village entier.
- Alors, conclusion, en trois mots : ON FAIT
QUOI ? demande Ailin »
Un silence s’instaure, laissant chacune des parties inquiètes.
« - On en a jusqu’à la nuit, à
ce rythme là … lance le guerrier.
- J’ai bien une idée ! Mais … annonce
Ailin »
Tous
tournent leur regard vers Ailin, qui se sent d’un coup mal à l’aise.
« - Je ne suis pas sur qu’elle
plaise … »
L’elfe regarde les humains, l’un plutôt sceptique, l’autre arborant un petit sourire d’espoir.
« - Accouche ! Lâche
Nenwen »
Ailin se racle la gorge puis dévisage chacune des personnes présentes.
« - Et bien voilà, … On a qu’à
les accompagner dans leur voyage … »
Leurs réactions ne se firent pas attendre, tout le monde fixe l’elfe, d’un air d’incompréhension total. Nenwen se lève et tire son frère par la manche.
« - Viens un peu par là toi ! »
Une fois reclus au fond de la pièce, Nenwen le prend par le T-shirt.
« - A quoi tu joues au juste ?
- Je savais que ça n’allait pas plaire !
- Réponds !
- Et bien en fait … Je sens qu’ils nous dissimulent beaucoup de choses et que
ça pourrait se révéler être intéressant pour notre communauté. Et puis … Ils
sont comme nous, ils se cachent … le Roi
a sacrément l’air de leur en vouloir, d’après ce que j’ai entendu de leur
conversation, et en plus, ce n’est pas dans ses habitudes d’envoyer une bande
de soldats de sa garde rapprochée pour seulement deux personnes ! Je n’aime
pas laisser des gens à sa mercy.
- C’est vrai mais …
- Je sais ce que tu penses, Nenwen, ce sont des humains, nos ennemis en l’occurrence.
- …Et pourquoi as-tu dit qu’ils pourraient être utiles ?
- En général quand quelqu’un est poursuivit par des soldats du Roi, sa tête est affichée dans toutes les villes, sur toutes les routes, partout où les gens peuvent le voir … Tu n’es pas d’accord ? Et bien, tu sais que j’ai l’habitude d’aller traîner dans quelques villes qui sont sous contrôle du monarque histoire de savoir ce qui s’y passe … Je n’ai jamais vu AUCUNE affiche d’eux ! Tu ne trouves pas ça étrange ?
- Je t’accorde que ça l’est …
- Ah ! Donc mon raisonnement est correct !
- Et sais-tu pourquoi ?
- Pourquoi cet illogisme ? …Hum …Je pense que ça doit être une affaire très important pour son royaume…et il ne voudrait surtout pas l’ébruiter … régler ça de la façon la plus discrète possible …Peut être même une affaire d’Etat ? Qui sait ? En tout cas ça risque d’être dangereux…»
Ailin regarde sa sœur dans les yeux, voit son inquiétude, puis lui demande :
« - Tu … Tu ne voudrais pas venir avec moi ?
- Moi ? Pourquoi ?
- Bah, tu es une spécialiste des sorts de soin et de protection, ça risque d’être très utile … On aurait peut être l’occasion de foutre la pâtée au Roi…Et puis … Surtout … Je n’ai pas envie de te laisser toute seule … Déjà que maman est morte et papa qui s’est tiré on ne sait où … »
La surprise passée, Nenwen sourit à son frère.
« - Ok, ok je t’accompagne. Que ne ferai-tu pas sans moi ? Dit-elle d’un air triomphant.
- Super ! »
Ailin serre sa sœur dans ses bras puis se tourne vers les invités.
« - Maintenant, il faut leur annoncer ça… »
Il se dirige vers les intéressés, suivi de près par sa sœur. Une fois arrivés à leur hauteur, ils les regardent mais restent debout.
« - Ma sœur est d’accord avec moi, on va vous accompagner. »
Mardigon soupire puis se lève et se rapproche d’Ailin. Ce dernier est un peu impressionné par sa taille, l’humain le dépasse de plus d’une tête ! Pourtant Ailin est loin d’être petit … Le guerrier le regarde dans les yeux.
« - En quel honneur ? demande-t-il.
- On a nos raisons …
- Ce n’est pas un jeu.
- On sait. »
Mardigon se frotte les yeux, puis se tourne vers Aina.
« - Moi, peu m’importe, du moment qu’on s’en aille, mais vous ?
- Quoi ? Moi ? … Eh bien … Si tu n’as rien à n’y redire, moi non plus …
- L’affaire est entendue ! Dit Ailin, en souriant au géant. »
Celui-ci le regarde, puis soupire en s’asseyant aux côtés de son protégé.
« - Il y a un petit problème à régler avant grand frère !
- Lequel ?
- Tu sais bien que nous n’avons pas le droit de partir d’ici sans l’accord du
chef ! Il faut le convaincre …
- Aaaah flûte j’avais totalement oublié ça ! Enfin bon, ça ne risque pas d’être un problème, il n’a aucune autorité sur moi ! Ha ha ha !
- Mais je parie que c’est moi qui vais devoir m’y coller !
- Et bien … Il faut que j’aille leur montrer leur chambre
pour ce soir et puis le vieux ne me supporte pas, alors il ne risque même pas
de vouloir m’écouter ! Tandis que toi, si ! En plus c’est un vieux
pervers, c’est toujours mieux quand c’est une fille qui y va !
- Ouais, ouais … »
Nenwen s’éloigne en râlant et sort de la pièce en traînant les pieds… Mais
revient rapidement !
« - Au fait, c’est par où, la sortie,
déjà ?
- … Nenwen …
- Ce n’est pas de ma faute !
- Ton sens de l’orientation est encore plus naze que je ne le pensais … Bon je
te montre mais il faudra qu’un jour tu saches comment sortir de cette baraque,
ce n’est pas un château non plus ! »
Ainsi Ailin accompagne sa sœur à la sortie de leur maison … mais arrivée là
elle lui demande où est celle du chef, et Ailin, trop gentil, l’emmène devant
la demeure d’Haran …
Elle
est située au milieu du village, et surplombe par sa hauteur la plupart des
autres habitations. Entièrement faite de bois et de pierres, elle ressemble à
un petit château. La porte est grande ouverte, toute sculptée de petits
personnages et de créatures fantaisistes.
« - Toujours aussi excentrique ce type-là ! dit Nenwen
- En attendant, c'est à toi de jouer !
- J'y vais j'y vais ...»
Nenwen franchi le pas de la porte, traverse la petite cour intérieure puis continue tout droit jusqu’à entrer dans le logement à proprement parler. Elle continue à marcher pendant quelques minutes, tourne à gauche puis à droite, encore à droite, tout droit maintenant. Puis à gauche de nouveau ... et se retrouve dans une impasse !
« - Je me suis encore perdue ! Ce n’est pas possible ça ! Je suis maudite ou quoi ? »
Pendant qu’elle continue à se lamenter sur son sort, une personne arrive par derrière et … lui soulève sa robe ! Nenwen, par pur réflexe, se retourne rapidement et lui met un marron dans la tronche.
« - Chef !
- Aie ! Oui c’est moi idiote ! Répondit Haran, le nez complètement explosé.
- Merde j’ai fait une gaffe là ! Pense-t-elle. Euh … Je suis désolée chef ! Vraiment !
- C’est cela oui ! Explique moi plutôt ce que tu fais ici, y’a rien à voir de ce côté-là, c’est un cul-de-sac.
- Ah ah oui j’ai vu, je me suis perdue … eh bien … en fait voilà, mon frère Ailin a aidé deux humains dans la forêt, ils étaient poursuivis par des envoyés du Roi.
- Et alors, qu’est-ce que ça peut bien me faire ?
- Bin en fait, il les a ramenés dans notre maison …Et ils y sont encore.
- Comment ? Des humains dans ce village ? Tu sais très bien que c’est interdit !
- Je sais mais ce n’est pas moi qui les ai ramenés, c’est Ailin …
- Ah ! Il ne m’écoute jamais celui-là ! Déjà je lui avais demandé de ne pas sortir du village ce matin !
- Ah … Ah bon ?? Il est sorti sans autorisation ? Dit-elle en essayant de feindre l’indignation.
- Oui ! Il m’a désobéis car il sait très bien qu’il est bien plus fort que la sentinelle du village et les gardes réunis ! Bref là n’est pas le sujet, qu’est-ce qu’il me veut encore ? Histoire que je passe une mauvaise fin de journée !
- Bin je suis juste venue t’avertir qu’on risquait de ne pas revenir avant un bon moment. Ailin et moi-même allons accompagner les deux humains dont je t’ai parlé.
- Ah oui ? Et où ça ?
- Je n’en sais rien encore.
- Pratique ça tiens ! Et quelle idée d’accompagner des humains ! Je ne vois pas pourquoi vous faites ça mais bon …De toute façon je n’y peux rien, vous avez toujours fait comme vous le vouliez toi et ton frère ! Enfin …
- Ah ah ah oui c’est bien vrai ^^,
- Et ça te fait rire ? Déguerpi en vitesse maintenant !
- Ouais, à bientôt le vieux !
- Mais comment tu parles à ton chef toi ? »
Haran raccompagne Nenwen à la sortie, sachant très bien qu’elle n’a absolument aucun sens de l’orientation. Ile passent le porche, puis Haran s’arrête et la jeune femme se retourne.
« Bande de sales gosses égoïstes. Vous m’en faites vraiment voir de toutes les couleurs ! Enfin … n’hésitez pas à utiliser la magie pour nous appeler, moi, la sentinelle ou les autres mages … Donnez-nous un peu de vos nouvelles, histoire que l’on sache que vous n’êtes pas mort !
- J’y penserai ! »
Puis Nenwen marche en direction de sa maison (ou presque), le chef regarde encore quelques temps la jeune elfe s’en aller puis rentre et ferme la lourde porte derrière lui en poussant un soupir de découragement …
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Chapitre 1 : La rencontreSuite :
Chapitre 3 : MelkorAjouter un commentaire /
Merci à Vincent pour les corrections apportées !